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    Stage Katori Shintô Ryu de Levier - février 2003

omment s'assurer de l'assiduité des pratiquants lors d'un stage ? Précisément lorsqu'il se déroule dans un lieu où il n'y a rien d'autre à faire qu'avoir les pieds sur un tatami, sauf si, bien sûr, la traque des lapins à ski de fond vous tente. Levier ressemble étrangement à ce genre d'endroit. On ne s'étonnera donc pas que ce stage soit devenu incontournable pour les pratiquants de Katori Shintô Ryu, tant la rudesse du pays est à l'image de l'exigence de l'école, surtout sous la direction des maître Alain Floquet et Yukihiro Sugino.

   Ceux qui espéraient étudier les armes longues (Bo Jutsu, Naginata Jutsu) n'ont pas été déçus, puisque, durant cette semaine, il n'a été question presque exclusivement que de Ken Jutsu. Le grand nombre de débutants n'explique pas tout. Il y avait pour certains un manque visible d'attention portée aux remarques de Maître Sugino.


ous les matins, les cours commençaient par une interminable, mais non moins utile, séance de gardes et de frappes (Maki uchi, Men, Do, Sune). Précisons que le moment des gardes est aussi attendu que redouté, tant il apparaît interminable, surtout dans les gardes et positions les plus confortables, comme le O Gasumi ou encore le Ko Gasumi. Après d'interminables minutes, au cours desquelles le "Shimeru" se relâche inexorablement, on se fait corriger individuellement pour une main placée un centimètre trop haut ou trop bas, ou pour un regard qui plonge dans celui du Maître au lieu d'affronter celui du partenaire pour prévenir une improbable attaque.

   Il est clair que cette approche formelle peut rebuter le débutant et agacer l'ancien, mais elle est certainement une étape nécessaire, notamment pour la maîtrise des katas. Maître Sugino a beaucoup insisté sur la décomposition des katas en plusieurs phases et sur le respect de la forme de corps la plus adéquate à adopter. Sans une maîtrise péliminaire des gardes, il ne semble pas envisageable d 'exécuter correctement le kata. Maître Floquet lance cette question : "Qu'est-ce qu'un kata ?". On voit bien que l'insistance sur leur exécution, qui est à la base de notre pratique, nourrit largement une interrogation sur leur propre nature, qui finalement comporte deux enjeux intrinsèquement liés. Comment respecter l'académisme de la forme tout en préservant la vitalité de l'exécution ? Comment refaire un kata comme s'il s'agissait perpétuellement de la première fois, tout en corrigeant ses erreurs ?


près la séance matinale, les plus téméraires s'enivreront d'un détergent local encore peu identifiable à ce jour, même pour ceux qui le sirotent, si ce n'est par sa prestigieuse appellation de "vin européen" et qui risque probablement de vous tourmenter quelque peu l'après-midi ; la pratique restant encore le meilleur remède pour soigner les crampes d'estomac.

   Au moins, vous pourrez, dans ce cas, voir Maître Sugino pratiquer en chemise canadienne, ce que j'interprète comme une provocation des plus policées à l'encontre des bûcherons du Chambara qui s'efforcent d'entretenir l'industrie du bokken pour le plaisirs d'entendre du bois claquer.
C'est bien connu, plus ça claque, plus ça fait mal ! Malheureusement, l'essence de l'école n'est pas tant la voie du shinaï que celle du ken. Contrairement à ce chemin de traverse, le stage de Levier est l'occasion idéale de découvrir ou d'approfondir l'essence même du Katori Shinto Ryu.


es soirées sont occupées par des projections de classiques japonais, organisées par Christian, dont nous avons pu apprécier un échantillon de sa vidéothèque (de la Forteresse cachée à Baby cart). Et d'une sortie dans une auberge où nous étions quelques-uns à enfourner les plats les uns après les autres… Avec de la chance, vous pourrez également profiter de la perspicacité étymologique du gérant. Il nous a fait entre autre, une démonstration tonitruante de l'origine du terme Aikibudo, dans le style :
" le Aï " parce que ça fait très mal quand la sagesse du Boudha (Budo) est troublée après avoir bu un kir (Ki).
Vous l'aurez compris, des soirées hautes en couleurs et instructives au sens large !

Le stage de Levier est bel et bien un moment privilégié pour tout pratiquant de Katori Shintô Ryu. Que Maître Floquet et Maître Sugino en soient remerciés.

Charles Edouard, un débutant.

    Porfolio des meilleurs moments - Photos de Vincent Marcilhac
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