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    Témoignage de 30 années de pratique Aikibudo
eptembre 1973, début d'une nouvelle année scolaire, poussé par Papa et 2 frères aînés déjà bon judokas, c'est sans réelle conviction ni motivation que je pousse la porte d'une salle surchauffée ou règne une atmosphère familiale.
Dans cette salle, dirigée par un professeur de Judo charismatique et omniprésent, je suis reçu encore enfant par le doux sourire et les yeux grands- bleu de celui qui restera à jamais mon professeur Monsieur Louis Boileau.

Tu veux faire de l'Aïkido ?
Tu sais ce que c'est l'Aïkido ?
Tu en as déjà vu ?
Tu sais ce que c'est un dojo ?
Bref tu ne sais rien, allez viens on va essayer, quand même !


e n'imaginais pas que 30 ans après, cette salle, le Judo Kiaï de Sarcelles serait un petit peu ma maison et un des endroits ou je me sens le mieux. Je ne savais pas que j'y passerai autant de temps, je ne savais pas que j'y connaîtrai autant de joies, autant de moments forts, que j'y rencontrerai ceux avec qui j'ai partagé tant de sensations, et pour quelques uns d'entre eux qui sont encore avec moi tant d'années après.
Je ne savais pas que ces Mercredi soirs et Dimanche matin se succèderaient aussi longtemps.

    Et aussi bien sur, en cette année où naissait le CERA, je ne savais pas que ma propre recherche commençait sans s'achever, même 30 ans après.

    J'avais déjà la conviction, au bout d'un mois, que je n'étais pas et ne serai jamais un sportif, je savais déjà, que je ne serai jamais un bon chuteur, je savais déjà que mes qualité physiques étaient très limitées, je savais que j'étais attiré par cette discipline et finalement tout ce que je savais c'est réalisé même si ce que je savais était infiniment plus petit que ce que je ne savais pas encore.

    Bien sur je ne savais pas qui était M° Ueshiba, dans un coin du Dojo, une photo déjà vieille de celui qui nous a quitté cette année, Me Mochizuki, je ne savais pas ce que signifiait tout ce cérémonial, tous ces mots étrangers, cette discipline, et toujours l'œil bienveillant de Louis qui encourageait les efforts de répétition des Tai Sabaki séance après séance.

Sers toi de tes hanches, pas de tes épaules !
Suis ton mouvement avec tes yeux !
Recommence encore, tu vas y arriver. La main-guide, ton nœud de ceinture,…

    En filigrane et en commentaire de chaque cours,le parcours du Maître Alain Floquet, l'ASPP, le réalisme, l'AïkiBudo, le JAPON, ,l'héritage des Takeda, le Katori Shinto Ryu.


uis les stages, Jussieu, Temple sur lot…, les examens de grade, le monitorat. Tout ça est passé si vite et toute une vie en même temps. Enfant qui grandit, adolescent, jeune homme, le mariage, les enfants et un fil rouge l' Aïki . J'allais dire tout cela en parallèle mais non l'Aïki comme ma colonne vertébrale, un parcours qui m'a construit de l'intérieur.
L'Aïkibudo qui dépasse les séances d'entraînement, qui dépasse l'enseignement, et qui m'accompagne aujourd'hui à chaque instant de ma vie privée,professionnelle.
Un plaisir de pratiquer,de partager, qui ne cesse d'augmenter, une joie tous les mois de Septembre de retrouver après 2 mois d'interruption ma 2° maison, le JKS, un grand bonheur malgré la difficulté qui n'a pas changé depuis 30 ans d'apprendre encore lors des stages avec les Kodanshas .
Au bout du compte, un regard tourné vers l'avenir ,une envie terrible d'apprendre encore, de réapprendre tout ce qui ne va pas, trente ans d'une passion insoupçonnée ,et un terrible questionnement sur ce que j'aurais été si un Dimanche matin de Septembre 1973 cette porte ne s'était pas ouverte.

Alors que dire, simplement merci,
Merci à Papa qui m'a poussé malgré moi.
Merci au tout premier professeur, celui sans lequel rien ne serait possible Monsieur Louis Boileau.
Merci à Maître Floquet qui accueille toujours avec bienveillance, le mauvais élève,peu assidu, merci pour son œuvre après laquelle je courre depuis tout ce temps.
Merci à Maître Roisnel qui tient une place particulière dans mon Panthéon, un stage chez nous, pas un grand succès mais une grande gentillesse, les examens de 1° et 2° Dan.
Surtout le 1° examen de 1° Dan un de ces échecs qui permet d'apprendre encore plus fort après.
Merci à tous les Kodanshas retrouvés stage après stage,
Merci à vous tous.

Eric Chemla
 
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