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 éjà,
deux années se sont écoulées depuis ma première
participation au stage de Temple sur Lot. Durant cette participation,
des ponts d'amitié ont été établis avec plusieurs
aïkibudokas. C'était alors la première et très
fructueuse rencontre avec le Sensei Alain Floquet, avec Goro Hatakayama
sensei, avec Me Paul-Patrick Harmant, Me Daniel Dubreuil, Me Christian
Brun et l'invité du Sensei Me Sergio Morstabilini. Depuis cette
année là bien de choses ont changé, non seulement
pour moi mais aussi pour mes amis et pour le groupe d'Aïkibudokas
Tunisiens. Etait-ce là un simple hasard ou un bien joli concours
de circonstances ou encore une volonté personnelle de touts les
présents à tisser ces liens d'amitiés autour de la
pratique de l'Aïkibudo. Ou était-ce simplement la Destinée
de développement spontané de l'Aïkibudo ? Faut-il peut-être
s'arrêter et s'interroger sur les véritables raisons de ces
rencontres et de leurs aboutissements ? C'est ce type d'interrogations
qui émerge de l'invitation implicite formulée par Floquet
Sensei durant le stage de Temple sur Lot 2003 : "Il faut savoir analyser
le concours de circonstances. Tout dépend des concours de circonstances"
Me Alain Floquet.
Paraphraser ce dicton du Sensei nous donne deux images.
La première spécifique à son Art, la seconde plus
large s'étend aux principes de la vie.
 image
spécifique à la pratique de l'Aikibudo : si l'on remplaçait
"tout dépend des concours de circonstances" par "tout
dépend de l'attaque et de l'environnement" on comprendrait
mieux son souci d'efficacité en Aïkibudo et l'immense faculté
d'adaptation à des situations changeantes et évolutives
bâtis sur des bases traditionnelles. Pour l'Aïkibudoka, développer
de telles capacités relève principalement de la pratique
incessante au point de l'insérer progressivement dans son inconscient
pour qu'elles deviennent une seconde nature capable d'induire une réponse
instantanée, spontanée et proportionnelle.
Insistant sur l'aspect essentiel de la pratique dans
l'Aïkibudo, le Sensei exprime sa conception de sont Art par : "Il
n'y a qu'un seul Mukae Daoshi, un seul Shiho Nage, un seul Yuki Chigae
Oui un seul : le bon". Au delà de ce dicton de Floquet Sensei,
d'apparence simple, l'on perçoit l'expression pure de son expérience,
de sa plénitude, de sa maîtrise et de sa réalisation.
Concentrer sa conception de son Art, l'Aïkibudo, en deux mots : "un
seul" et "le bon" est un exploit en soi qui traduit l'importance
de la notion de la pratique de son Art pour atteindre l'efficacité.
Non, il ne s'agit pas là d'émettre un jugement subjectif
sur l'Aïkibudo, mais d'apporter la preuve objective et tangible de
sa qualité.
L'élargissement des perspectives de l'Aïkibudo exprimé
par Floquet Sensei vers la Self-défense et le maniement de tonfa
n'est que la suite logique du développement de son Art. Ceci est
légitime pour asseoir les nouvelles dimensions de l'Aïkibudo,
celles qui lui sont dues.
C'est sans doute là notre responsabilité
actuelle et future vis-à-vis du Sensei et de son Art et vis-à-vis
des Kodanshas. C'est-à-dire que perdurer, il faut que l'Aïkibudo
continue à générer et à diffuser les mêmes
sensations fortes et réalistes, telles que développées
par Floquet Sensei. Tout comme cette pléiade d'hommes et de femmes
au caractère solide et juste et dont la droiture est exemplaire
qui forgeront ceux de leurs élèves pour les préparer
à diffuser encore plus l'Aïkibudo. Dans ce cadre, il est clair
que l'on ne peut avoir une approche internationale avec une vision locale.
L'application de ces principes fondamentaux sont des éléments
basiques de l'Ecole Yoseïkan et des enseignements de feu Minoru Mochizuki
Sensei tels que nous les avons perçus par le biais du Sensei et
de nos différents Maîtres d'Aïkibudo.
 extension
des principes de l'Aikibudo à ceux de la vie : le "Tout dépend
des concours de circonstances" de Floquet Sensei est un appel à
nous tous pour :
- Penser à ce qui est juste et vrai,
- Comprendre les qualités positives et celles négatives
de chaque chose
- Apprendre à tout voir soigneusement
- Prendre conscience de ce qui n'est pas évident
- Prêter attention même aux choses " futiles "
- Ne pas faire rien d'inutile
- Travailler sans relâche afin de développer notre érudition
dans les arts, y compris le sien (l'Aïkibudo), et dans les métiers.
 ans
l'une de ses poésies, le poète italien Ungaretti insistait
sur l'opportunité de cueillir l'instant fugace car elle change
la vie d'un Homme à l'image d'un éclair vif, net et éphémère
dans un ciel assombri. C'est peut-être pour cette raison, que nous
devons prendre conscience davantage de la présence du Sensei, de
manière à rendre notre apprentissage beaucoup plus cohérent
avec ces aspects stratégiques de la vision de Floquet Sensei et
avec ses aspirations. Rompre avec l'habitude permet de voir plus clair
et permet aussi de rétablir l'ordre des choses pour discerner l'extraordinaire
de l'ordinaire et vivre intensément ces moments de bonheur comme
si l'on vivait cela pour l'éternité.

ce stage de Temple sur Lot, moi qui venais d'autres horizons me trouvais
en harmonie au sein de ce groupe merveilleux et unique, enrichi et marqué
par l'amitié et la disponibilité de Monsieur et Madame Floquet,
de Monsieur et Madame Harmant, de Me Daniel Dubreuil, de Me Raymond Damblant,
de Me Christian Brun, de Me Laurent Chaigneau, de Me Jean-Pierre HIRSCHY,
de Jean-Pierre Vallé, de Frédéric Azzola, de Florence,
d'Anne-Marie, de Frédéric Fraisse, d'Armando, de Daniel
(Québec), de Philippe Le breton et son groupe, de Laurent (pardon,
je veux dire Greg le millionnaire), de Jaâfar, de Damien, de Nicolas,
de
Mon retour à la vie quotidienne tarde à
venir car je reste ancré à ces beaux moments exceptionnels.
Je n'oublierai sûrement pas Liliane, Pierre,
Alex et touts les autres du Centre Lembrun qui par leur disponibilité,
leur gentillesse et leur discrétion ont rendu mon séjour
et celui de touts les autres si agréable.
Je vous remercie tous et vous donne rendez-vous à
juillet 2004. Inchallah.
Lassaâd M'SAHLI.
(Tunisie)
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